Comme pour les Impressionnistes et les Divisionnistes, la recherche de la vérité du

ton local est ą la base de son Art. Ses ciels sont bleus et ses fleurs ressemblantes. Mais

il les veut, ses ciels du plus beau bleu. Et ses bouquets harmonisent, en les exaltant

au suprźme degré, des coloris exacts. S'il rehausse, c'est ą partir de la réalité sensible

et non pas d'une poétisation plus ou moins arbitraire.

C'est ainsi qu'on ne saurait confondre ses paysages de Provence avec ceux qu'il a

peints en Ile-de-France ou dans les campagnes du Centre. Et c'est ainsi encore que ses

portraits, ses personnages, ne laissent jamais d'offrir au regard les particularités qui

leur sont propres. Ce visionnaire est tout d'abord un réaliste intransigeant. Dans l'état

actuel du monde des Arts, il faut avoir beaucoup de courage pour manifester autant

d'indépendance et d'originalité.

Comment Serge Mendjisky parvient-il ą composer ses radieuses mosaēques de

gemmes dont ses tableaux ont la précieuse apparence ? Il fait venir de Chine les

pigments, minéraux et végétaux, broyés ą l'huile de soja, qui forment sa palette,

strictement organisée, comme un clavier oĚ chaque touche correspondrait ą ą une

couleur en son absolue pureté. Il l'utilise, cette couleur, telle qu'on la voit sortir du

tube, sans mélange amoindrissant: huit bleus dont trois de cobalt, cinq verts, trois

rouges, trois vermillons, quatre jaunes, un rose indien, un rose, un seul brun. Son outil

ordinaire n'est pas la brosse, mais un jeu spatules acérines, symbole de la volonté ferme et

lucide qui dirige et discipline sa production. Un danger la menaćait : la systématisation.

Mais Serge Mendjisky, déją accorde davantage ą la spontanéité, au naturel, ą la nuance,

témoins, ses oeuvres récentes, de plus en plus souples, si fraĒches, exécutées comme

en se jouant, afin, comme le recommandait déją notre Jean-Philippe Rameau de

cacher l'Art par l'Art lui-mźme.

 

MAXIMILIEN GAUTHIER “Les Nouvelles Littéraires”

 

 

 

 

 

 

 

As for the Impressionists and Divisionists, the quest for true local colour is the

cornerstone of his art. His skies are blue and his flowers look like flowers. But he

wants his skies to be the most beautiful of blues. And in exalting them to the highest

degree, his bouquets harmoniously reflect authentic colours. If he intensifies them,

it's to correspond with the reality of the senses rather than to create a poetic effect

of a more or less arbitrary kind.

His tributes to Provence could thus hardly be confused with those he painted of the

Ile-de-France or the countryside of central France. And his portraits and figures

never tire of showing the spectator those particular features which are their very own.

This visionary is first and foremost an uncompromising realist. In the current state

of affairs in the art world, one has to have a great deal of courage to demonstrate so

much independence and originality.

How does Serge Mendjisky compose these radiant mosaics, these paintings that so

resemble precious gems ? He has mineral and vegetable pigments crushed in soya oil

sent from China ; they form his palette, which is strictly organized, rather like a

keyboard on which each key corresponds to a colour of absolute purity. He uses this

colour, just as we see it coming out of the tube, without reducing or mixing it. Eight

blues including three cobalts, five greens, three reds, three vermilions, four yellows,

an Indian rose, a pink and a brown. His usual tool is not a brush but a set of metal

spatulas, symbolizing the strong and lucid determination which directs and

disciplines his production. Which was faced by one threat : systemisation.

But Serge Mendjisky has always attributed more importance to spontaneity,

naturalness and nuances, as witnessed by his recent works, which are increasingly

supple and remarkably fresh. Executed as if in play, in order, as once recommended

by Jean-Philippe Rameau, to hide Art by Art itself.

 

  MAXIMILIEN GAUTHIER “Les Nouvelles Littéraires”